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·15 min de lecture·Équipe Skanna

12 ingrédients à éviter dans vos cosmétiques (et pourquoi)

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Retourner un flacon de crème et tomber sur une liste de cinquante noms incompréhensibles est devenu un réflexe pour beaucoup d'entre nous. Internet n'arrange rien : entre les "listes noires" alarmistes et les marques qui affichent "sans parabènes, sans silicones, sans sulfates" comme autant de garanties de qualité, difficile de distinguer ce qui mérite vraiment attention de ce qui relève du marketing.

La réalité est plus nuancée : la plupart des ingrédients cosmétiques, même à consonance chimique, sont évalués et encadrés par des réglementations strictes. Mais certains présentent des profils qui justifient une vigilance réelle — notamment pour les peaux sensibles, les femmes enceintes, ou les jeunes enfants. Ce guide vous explique lesquels et pourquoi, sans exagération.

Pour comprendre comment ces ingrédients apparaissent dans les formules, commencez par notre guide sur comment lire une liste INCI.

Les 12 ingrédients cosmétiques à éviter ou surveiller sur une étiquette

1. Parfum / Fragrance

Ce que c'est : Un terme générique qui peut recouvrir des centaines de molécules différentes, non déclarées individuellement.

Pourquoi le surveiller : C'est la première cause d'allergie de contact aux cosmétiques. La réglementation européenne impose depuis 2023 la déclaration élargie des allergènes odorants — mais le terme "Parfum" masque encore de nombreuses molécules. Pour reconnaître les allergènes dans les cosmétiques, cherchez les mentions séparées : Linalool, Limonene, Geraniol, Citronellol, Eugenol, Cinnamal, Benzyl Alcohol.

Où il apparaît : Crèmes, lotions, gels douche, shampoings, déodorants, eaux micellaires parfumées.

Pour qui c'est un problème : Peaux sensibles, réactives, eczémateuses, ou toute personne avec un antécédent d'allergie aux parfums.


2. Phénoxyéthanol

Ce que c'est : Un conservateur de synthèse parmi les plus utilisés en Europe depuis le retrait progressif des parabènes.

Pourquoi le surveiller : Autorisé jusqu'à 1 % dans l'UE, il est globalement bien toléré. L'ANSM a cependant émis une mise en garde pour les produits destinés aux nourrissons (moins de 3 ans) et déconseille son usage sur les zones de couche. Pour les adultes en bonne santé, le risque est faible. Certaines personnes présentent une légère intolérance cutanée.

Où il apparaît : La quasi-totalité des cosmétiques à phase aqueuse : crèmes, sérums, lotions, baumes après-soleil.


3. Parabènes (Methylparaben, Propylparaben…)

Ce que c'est : Une famille de conservateurs utilisée depuis des décennies pour leur efficacité et leur bon profil de tolérance général.

Pourquoi les surveiller : Les parabènes à longue chaîne (isopropyl-, isobutyl-, phényl-, benzyl-, pentylparaben) ont été interdits dans l'UE en 2014 en raison de leurs propriétés de perturbateurs endocriniens suspectées. Le méthylparaben et l'éthylparaben restent autorisés à des doses encadrées. L'inquiétude principale concerne l'exposition cumulée sur le long terme et la sensibilité particulière des femmes enceintes et des nourrissons.

Où ils apparaissent : Crèmes hydratantes, fonds de teint, mascaras, produits capillaires.


4. Formaldéhyde et libérateurs de formaldéhyde

Ce que c'est : Le formaldéhyde est un conservateur puissant classé cancérigène de catégorie 1B par l'UE. Il est interdit comme ingrédient direct dans les cosmétiques (sauf en petites quantités dans les produits pour ongles). Mais certains conservateurs libèrent du formaldéhyde en se dégradant.

Pourquoi les surveiller : Les libérateurs (DMDM Hydantoin, Imidazolidinyl Urea, Diazolidinyl Urea, Quaternium-15, Bronopol) génèrent de petites quantités de formaldéhyde dans la formule. À forte exposition ou chez les personnes sensibilisées, cela peut provoquer des réactions allergiques et de l'irritation. Ils figurent sur la liste des substances à surveiller de la Commission européenne.

Où ils apparaissent : Shampoings, après-shampoings, gels coiffants, crèmes mains, certains masques.


5. Huiles minérales (Paraffinum Liquidum, Petrolatum)

Ce que c'est : Des dérivés du raffinage du pétrole, utilisés comme émollients et agents occlusifs très peu coûteux.

Pourquoi les surveiller : Les huiles minérales très raffinées (qualité cosmétique) sont considérées comme sûres par les autorités réglementaires. La controverse porte sur les huiles minérales imparfaitement raffinées (MOSH/MOAH), qui peuvent contenir des contaminants potentiellement cancérigènes. Pour un usage cosmétique standard avec des matières premières de qualité, le risque est faible. Leur nature occlusive peut poser problème sur les peaux acnéiques.

Où elles apparaissent : Baumes lèvres, crèmes pour bébé, fond de teint, produits démaquillants, vaseline.


6. Silicones (Dimethicone, Cyclopentasiloxane…)

Ce que c'est : Des polymères de silicium qui offrent une texture soyeuse, lissante, et un effet barrière. Reconnaissables à leur terminaison en -cone, -siloxane ou -conol.

Pourquoi les surveiller : Les silicones ne sont pas toxiques. La question principale est environnementale : ils sont très peu biodégradables et s'accumulent dans les écosystèmes aquatiques. L'UE a restreint le Cyclopentasiloxane (D5) et le Cyclohexasiloxane (D6) dans les cosmétiques rincés depuis 2020 pour cette raison. Sur le plan cutané, l'effet occlusif peut être gênant pour les peaux à tendance acnéique — mais c'est une question de tolérance individuelle, pas de danger.

Où ils apparaissent : Primers, fonds de teint, sérums lissants, produits coiffants, crèmes hydratantes haut de gamme.


7. Composés PEG (PEG-xx)

Ce que c'est : Des polyéthylène glycols, utilisés comme émollients, humectants, solvants et agents de surface.

Pourquoi les surveiller : Les PEG eux-mêmes sont généralement bien tolérés. Le problème identifié concerne leur processus de fabrication (éthoxylation), qui peut introduire des contaminants (1,4-dioxane, oxyde d'éthylène) classés cancérigènes. La qualité de purification varie selon les fabricants. L'UE surveille cette catégorie mais ne l'a pas interdite. L'inquiétude est plus pertinente sur la peau altérée (coupures, brûlures) que sur peau saine.

Où ils apparaissent : Crèmes hydratantes, démaquillants, produits solaires, shampoings.


8. BHA et BHT (antioxydants de conservation — à ne pas confondre avec l'acide BHA)

Ce que c'est : Le BHA (butylhydroxyanisole) et le BHT (butylhydroxytoluène) sont des antioxydants de synthèse utilisés comme conservateurs pour prévenir le rancissement des corps gras.

Attention : Ces sigles BHA/BHT sont distincts de l'acide bêta-hydroxy (acide salicylique), souvent noté "BHA" dans les soins exfoliants. Ce sont des molécules sans rapport.

Pourquoi les surveiller : Le BHA est classé perturbateur endocrinien suspecté par l'UE et figure sur la liste des substances CMR (cancérogènes, mutagènes, reprotoxiques) sous évaluation. Le BHT est moins préoccupant mais fait l'objet d'une surveillance. Les deux restent autorisés à des doses faibles dans les cosmétiques, mais plusieurs marques les évitent par précaution.

Où ils apparaissent : Rouges à lèvres, crèmes solaires, produits capillaires riches, beurres corporels.


9. Triclosan

Ce que c'est : Un agent antibactérien à spectre large, autrefois très utilisé dans les savons, dentifrices et déodorants.

Pourquoi l'éviter : Le triclosan est classé perturbateur endocrinien suspecté et présente des risques d'antibiorésistance documentés. L'UE a interdit le triclosan dans la plupart des produits cosmétiques ; il reste autorisé uniquement dans les dentifrices à des concentrations très limitées (0,3 %). La FDA américaine l'a également banni des savons liquides en 2016.

Où il peut encore apparaître : Dentifrices (à faible dose en UE), certains produits importés hors UE.


10. Sulfates (Sodium Lauryl Sulfate / SLS, Sodium Laureth Sulfate / SLES)

Ce que c'est : Des tensioactifs anioniques très efficaces pour produire de la mousse et dégraisser.

Pourquoi les surveiller : Ils ne sont pas dangereux au sens toxicologique du terme, mais le SLS (sodium lauryl sulfate) est un irritant cutané connu à concentration élevée, et altère la barrière lipidique de la peau. Des études montrent qu'il peut aggraver l'eczéma, la rosacée et les peaux réactives. Le SLES est mieux toléré. Pour les peaux sensibles, les formules "sans sulfates" à base de tensioactifs plus doux (coco-glucoside, decyl glucoside) sont nettement préférables.

Où ils apparaissent : Shampoings, gels douche, nettoyants visage moussants, dentifrices.


11. Alcohol Denat. (alcool dénaturé)

Ce que c'est : De l'éthanol rendu impropre à la consommation par addition d'agents dénaturants, utilisé comme solvant, conservateur et agent de texture légère.

Pourquoi le surveiller : À concentration élevée, l'Alcohol Denat. peut dégrader la barrière cutanée, assécher et irriter — particulièrement sur les peaux sèches, sensibles ou atteintes de dermatite. Sa présence en tête de liste INCI (positions 1 à 3) est un signal d'alerte pour les peaux sensibles. En revanche, sa présence en milieu ou fin de liste à des doses accessoires est généralement sans conséquence.

Où il apparaît : Toniques, sérums légers, produits anti-acné, déodorants, certains écrans solaires en spray.


12. Oxybenzone (Benzophenone-3) — dans les écrans solaires

Ce que c'est : Un filtre UV chimique à large spectre, parmi les plus efficaces et les plus utilisés dans les formules solaires.

Pourquoi le surveiller : L'oxybenzone est classé perturbateur endocrinien suspecté par l'UE. Des études sur animaux montrent des effets hormonaux à fortes doses ; la pertinence pour l'humain à usage cosmétique reste débattue. Il est également connu pour causer des réactions allergiques photoallergiques. L'UE a réduit sa concentration maximale autorisée de 10 % à 6 % en 2022. À noter : l'oxybenzone est très nocif pour les récifs coralliens — plusieurs pays (Hawaï, Palau) l'ont interdit dans les produits vendus localement.

Où il apparaît : Crèmes solaires, fonds de teint avec SPF, produits solaires multiples.

Perturbateurs endocriniens cosmétiques : ce qu'il faut vraiment savoir

Un perturbateur endocrinien est une substance qui interfère avec le système hormonal de l'organisme — en imitant, bloquant ou altérant la production d'hormones naturelles. L'exposition à de telles substances a été associée à divers troubles hormonaux, mais l'évaluation des risques pour l'humain à travers les cosmétiques reste complexe.

Ce que dit la réglementation européenne :

Le Règlement (CE) n° 1223/2009 sur les produits cosmétiques interdit les substances classées CMR (cancérogènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction) de catégorie 1A et 1B. Depuis 2021, l'UE a renforcé son approche avec des critères d'identification des perturbateurs endocriniens, notamment dans le cadre du règlement sur les pesticides et biocides — ces mêmes critères commencent à être appliqués aux cosmétiques.

La nuance essentielle :

La toxicologie repose sur la dose. La présence d'une substance suspectée d'être un perturbateur endocrinien n'est pas équivalente à un risque avéré à la concentration utilisée dans un cosmétique. Ce sont l'exposition cumulée, la voie d'absorption et le profil individuel (âge, état hormonal, grossesse) qui déterminent la réalité du risque.

Les profils les plus à risque sont les femmes enceintes, les nourrissons et les jeunes enfants — dont le système endocrinien est en développement — et les personnes ayant des antécédents de pathologies hormono-dépendantes. Pour ces profils, la prudence vis-à-vis des ingrédients à éviter dans les soins visage et les soins quotidiens se justifie pleinement.

Comment vérifier rapidement les ingrédients d'un produit

Mémoriser cette liste de 12 ingrédients — plus leurs variantes, synonymes et seuils de concentration — est irréaliste au quotidien. Et cette liste n'est pas exhaustive : la recherche sur les ingrédients cosmétiques évolue, et de nouvelles substances entrent régulièrement dans le périmètre de surveillance.

La méthode manuelle : recherchez chaque ingrédient de votre produit sur des bases de données comme CosIng (base officielle de la Commission européenne) ou INCI Decoder. Comptez 15 à 30 minutes par produit pour un résultat partiel.

La méthode Skanna : plutôt que de mémoriser cette liste, vous pouvez scanner l'étiquette d'un produit avec Skanna pour obtenir une analyse instantanée adaptée à votre profil de peau. L'IA identifie automatiquement les substances à surveiller parmi les ingrédients cosmétiques à éviter selon votre type de peau, vos allergènes déclarés et vos convictions (sans parabènes, sans silicones, etc.).

Skanna s'appuie sur les classifications réglementaires européennes en vigueur et les met à jour régulièrement — ce qu'aucune liste statique ne peut faire.

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Questions fréquentes sur les ingrédients cosmétiques

Le phénoxyéthanol est-il dangereux ?

Le phénoxyéthanol est un conservateur autorisé dans l'UE jusqu'à 1 %. À cette concentration, il est considéré comme sûr pour la grande majorité des adultes. L'ANSM a émis une mise en garde spécifique pour les nourrissons (moins de 3 ans) et recommande d'éviter son application sur les zones de couche. Pour les adultes en bonne santé, le risque est faible — mais les peaux très sensibles peuvent présenter une légère intolérance qui disparaît en changeant de formule.

Les parabènes sont-ils interdits en France ?

Pas tous. L'UE a interdit les parabènes à longue chaîne (isopropyl-, isobutyl-, phényl-, benzyl-, pentylparaben) depuis 2014 en raison de leurs propriétés perturbatrices endocriniennes suspectées. Le méthylparaben et l'éthylparaben restent autorisés à des doses encadrées (maximum 0,4 % pour chaque ester, 0,8 % pour les mélanges). Beaucoup de marques ont choisi de reformuler par précaution commerciale, mais leur présence reste légale dans les produits vendus en France.

Comment savoir si un produit contient des perturbateurs endocriniens cosmétiques ?

Il n'existe pas de mention obligatoire sur les étiquettes. La méthode la plus fiable est de lire la liste INCI et d'y rechercher les substances classées perturbateurs endocriniens suspectés ou avérés : certains parabènes, l'oxybenzone, le triclosan, le BHA (butylhydroxyanisole), certains phtalates (non autorisés dans l'UE mais présents dans des produits importés). Skanna automatise cette vérification en temps réel selon les classifications européennes.

Les silicones bouchent-ils les pores ?

Les silicones comme le Dimethicone créent un film occlusif en surface. Pour la majorité des types de peau, cet effet est bénin — voire protecteur. Pour les peaux à tendance acnéique, certains silicones peuvent théoriquement favoriser l'obstruction folliculaire, bien que les preuves cliniques restent limitées. C'est davantage une question de tolérance individuelle que de danger prouvé. Si votre peau a tendance à réagir, évitez les formules à base de silicones cycliques (Cyclopentasiloxane) en première position.

Un ingrédient « naturel » est-il toujours plus sûr ?

Non — c'est l'un des malentendus les plus répandus. Certains ingrédients naturels figurent parmi les allergènes de contact les plus fréquents en dermatologie : huiles essentielles (Linalool, Limonene, Eugenol), extrait de propolis, protéines de lait ou de blé, latex. À l'inverse, de nombreuses molécules de synthèse sont parfaitement inertes et bien tolérées. La sécurité dépend de la nature chimique, de la concentration, et de votre profil cutané — pas de l'origine naturelle ou synthétique de l'ingrédient.


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